Le couple du moment : Canon F-1 & FD 24mm f2.8

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Le couple du moment : Canon F-1 & FD 24mm f2.8

Les appareils télémétriques ou compacts avec leurs focales intermédiaires c’est pratique et performant, mais je dois reconnaitre que le 24mm commençait à me manquer. Ayant un FD 24mm que j’utilisais durant ma période numérique (le rendu sur l’alpha 7 était vraiment pas mal) je lui ai donc cherché un boitier pour compléter mes focales habituelles. Assez vite, le Canon F-1 est sorti du lot. Il est séduisant par rapport aux séries AE par son obturateur entièrement mécanique (jusqu’au 1/2000 de seconde) et, il faut le reconnaitre, par son design épuré que je trouve plus élégant que celui des FT. Ce modèle, sorti en 1971, correspond à la gamme professionnelle de la marque. La légende nous dit qu’il aura fallu 5 ans (j’ai parfois lu 6) pour mettre au point ce fleuron du design japonais… Bon, du coup pour rester dans une cohérence historique je l’ai testé avec la fameuse Ferrania P30 (pour le résultat du test c’est par ici).

A l’usage

Canon F-1

Levier du testeur de profondeur de champs

On remarque d’abord que l’appareil est une brique bien lourde, d’autant que le 24mm n’est pas léger. L’encombrement, lui, reste standard pour un reflex des années 70 (et donc pas mal plus important qu’un télémétrique, évidemment). Au niveau du bruit de déclenchement c’est assez élevé mais sans doute dans la moyenne de ce qui ce faisait à l’époque sur ce type de matériel. Les commandes sont agréables et l’indicateur de la cellule plutôt pratique. Le levier qui sert à la fois de testeur de profondeur de champs, de retardateur et à bloquer le miroir en position haute est très bien pensé et tombe parfaitement sous le doigt. En revanche le pentaprisme, sans être mauvais, n’est pas incroyable pour un appareil très haut de gamme des années 70. Il est à noter qu’il faut ajouter un accessoire pour utiliser un flash car d’origine il n’y a pas de griffe sur le toit du prisme. C’est un atout esthétique et sans doute pas si pénible, d’autant que le flash n’est pas un ustensile que j’utilise fréquemment. Le boitier offre la possibilité de réaliser des expositions multiples mais au prix d’une manipulation pas hyper pratique, le manuel explique la méthode comme une fonction alors qu’en réalité c’est un bidouillage avec le mécanisme de rembobinage. Enfin, on appréciera la présence d’une fonction pour tester le niveau de batterie.

 

En revanche, le gros inconvénient de ce modèle reste son dépoli avec un télémètre à microprismes sans stigmomètre.

Ici, on a affaire à la toute première version du Canon F-1, dite « old ». Du coup, la sensibilité de la cellule plafonne à 1600 asa. Ce n’est pas forcément dérangeant même pour exposer à 3200 asa, la compensation est simple à réaliser. En revanche, le gros inconvénient de ce modèle reste son dépoli avec un télémètre à microprismes sans stigmomètre. Ce problème peut facilement être réglé par la conception modulaire de la visée : le prisme et le dépolis sont interchangeables. Pour une poignée d’euros, on trouve facilement sur le marché japonais de l’occasion un modèle de dépoli optionnel qui associe microprismes et stigmomètre.

 

Canon F-1

Viseur modulaire du Canon F-1

 

Conclusion

Finalement, il y a pas mal de défauts pour ce boitier haut de gamme des années 70 mais la qualité de fabrication, l’obturateur complètement mécanique et la modularité en font un bon outils. La mission de pouvoir remettre dans mon sac les quelques objectifs FD qui trainaient au fond du placard est parfaitement remplie.

D’ailleurs, bizarrement, il est assez peu recherché sur le marché de l’occasion et il n’est pas trop compliqué de mettre la main sur une version « old » en très bon état, équipée d’un 50mm, pour environ 150€. Attention, les version suivantes de Canon F-1, « N » et « New », sont beaucoup plus cher. La version « N », n’apporte que des changements mineurs tels que une montées en sensibilité de la cellule jusqu’à 3200 asa ou un presse film mieux équilibré. La version « New », quant à elle, datant du début des années 80 est dotée d’un obturateur hybride à la fois mécanique et à la fois électro-magnétique. Seules les vitesses rapides sont mécaniques.

Le fait que le boitier soit entièrement mécanique le rend également très réparable même si il est probable qu’une révision revienne plus cher que le boitier lui même….

Le temps en dira plus sur un dernier point qui est la fiabilité. D’après quelques recherches, on lit souvent qu’étant un appareil professionnel il aura souvent été malmené par ses propriétaires en comparaison avec des modèles amateur-expert tels que les FTb. Cependant, on lit également que le niveau de finition, la qualité des matériaux et le très bon design font que, même malmené, c’est un appareil qui reste fiable. Le fait que le boitier soit entièrement mécanique le rend également très réparable même si il est probable qu’une révision revienne plus cher que le boitier lui même….

Mais sinon, franchement, même si ça ne sert à rien : ce Canon F-1 est un bijou de design, il est bien beau.