La chimie du moment : StreetPan 400 & Rodinal

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La chimie du moment : StreetPan 400 & Rodinal

La StreetPan 400 est une des nouveautés argentique de 2016, il s’agit d’un ilmilm panchromatique 400 asa. Nous devons cette nouveauté à Bellamy Hunt, basé au Japon, il est l’auteur du site Japan Camera Hunter qui est dédié à la photo argentique et notamment à la vente d’appareils de collection. A priori il s’agirait d’un ancien film de surveillance Agfa dont il aurait relancé la production en Belgique. Vous trouverez ici les caractéristiques techniques du film.

streetpan, Fomadon R09

Fomadon R09

J’ai acheté une brique de 10 films à sa sortie durant l’été 2016 et depuis j’ai toujours trouvé une bonne raison de ne pas prendre de risques avec une nouvelle émulsion. Il était temps de tester cette StreetPan, évidemment, comme son nom évoque la photo de rue j’ai décidé de la tester sur du paysage… Pour l’appareil j’ai utilisé un M2 avec un Summicron-c 40 et pour le développement du Rodinal (Fomadon R09) à 1+25 pendant 10″30 à 20°.

Tout d’abord parlons prix :  actuellement en pack de 10, le rouleau revient à 6,75€. Vu la récente augmentation d’à peu près tous les autres marques ça le met dans la moyenne, en revanche, si on ajoute les presque 20€ de frais de port ça fait plutôt du 8,75€ …

 

la finesse du support rend la découpe plus difficile et l’insertion dans le papier crystal un peu pénible.

Une fois dans le noir j’ai été assez surpris par la finesse du support. Très souple et donc peu épais. L’avantage c’est que pour l’enrouler dans la spire c’est encore plus facile. L’inconvénient c’est que la manipulation est un peu inquiétante, on ressent de la fragilité (ce n’est que du ressenti à priori). Pour le développement, c’est assez standard, si ce n’est que si vous faites un pré-mouillage vous verrez une vidange couleur encre noire qui fait un peu flipper. L’épaisseur du support se fait encore sentir lors de la découpe et le rangement : la finesse du support rend la découpe plus difficile et l’insertion dans le papier crystal un peu pénible. Selon la fiche technique, le support est traité anti-statique pour faciliter le scan pourtant j’ai trouvé pas mal plus de poussière que sur mes tri-x habituelles. Mais il est vrai que j’ai un peu sous-exposé le film et que dans ces cas là les poussières posent plus de problème.

Au niveau du rendu j’aime beaucoup cette StreetPan, c’est contrasté avec un belle définition (mise en valeur par le révélateur) et une belle ambiance générale. L’émulsion traine pas loin de l’infrarouge (750nm) ce qui finalement pour la photo de paysage est plutôt pas mal. Au niveau du grain,  je n’ai pas forcément trouvé qu’il y en ai moins que sur la tri-x mais il est beaucoup plus fin. En même temps un film sous-exposé dans du Rodinal ce n’est pas non plus l’idéal pour évaluer le grain…

 

 

JCH StreetPan 400

 

Conclusion

Je dirais que j’aime vraiment le rendu mais pas du tout le support et que je trouve le prix un peu élevé. Et puis, c’est vrai que quand on fait de l’argentique on est pas au top au niveau emprunte écologique mais acheter un film qui est livré depuis le Japon alors qu’il a été fabriqué en Belgique  c’est un peu perturbant… En tout cas bravo à Bellamy Hunt pour cette belle initiative qui n’est pas sans rappeler   ce que fait Lomig Perrotin avec les Film Washi. Une prochaine pellicule du moment sans doute…

 

LABO

Les dosages

  • R09 1+25 (11mn pour une StreetPan) à 20°
  • Indicet 1+19
  • Superfix Plus 1+3 (3mn)

 

En action

  1. Bain de R09 de 11mn à 20° avec une agitation constante durant les 30 premières secondes, puis une agitation toutes les 30s.
  2. Bain d’arrêt
  3. Bain de fixation 3mn à température, agitation toutes les minutes.
  4. Rinçage méthode Ilford Bricolée.
    1. 5 inversions + vider.
    2. 10 inversions + vider.
    3. 20 inversions + vider.
    4. laisser reposer 2 minute puis 20 inversions + vider.
  5. Laisser reposer 2 minute avec de l’agent mouillant.
  6. Déchage 4h sur une pince lestée.

 

 

Rendu